mardi 28 février 2017

Où je passe pour la fille qui abuse (alors que non)


Admirez ce splendide humérus

Fin janvier, pour la première fois, j'ai réussi à faire un exercice assez difficile à l'aerial yoga. Pour les gens qui font du fitness: vous voyez ce qu'est une planche latérale? Bien; maintenant, imaginez que vous la faites avec la jambe du dessus suspendue, par la cheville, à une hauteur équivalente à celle de vos genoux quand vous êtes debout, et qu'une fois en appui sur un seul bras, vous tendez la jambe de dessous en l'air devant votre buste pour attraper votre pied avec votre main du dessus. Et que vous restez comme ça pendant 3 à 5 respirations. Je galérais avec ce truc depuis septembre, et voilà que ça y est, j'y arrivais! Ma prof m'a même félicitée. 

Quelques heures plus tard, j'ai commencé à avoir hyper mal à l'épaule et au coude gauches chaque fois que je levais le bras. Je me suis dit: "Bon, tu as un peu trop présumé de ta musculature embryonnaire, c'est pas grave, ne force pas dans les jours qui viennent et ça va passer." Quand je suis malade ou souffrante, ma réaction par défaut, c'est d'attendre que ça guérisse tout seul. Comme je suis solide, ça marche en général assez bien.

Puis les jours se sont changés en semaines. Non seulement la douleur ne passait pas, mais elle empirait et remontait le long de mes cervicales. Je ne pouvais plus m'habiller, sortir mes cheveux de l'intérieur de mon manteau ou attraper quoi que ce soit sur une étagère sans frémir et grimacer. Quant à porter quoi que ce soit de plus lourd qu'un petit sac à main de ce côté-là, il ne fallait plus y penser. J'ai conclu que j'avais dû me faire une belle tendinite, et au bout d'un mois, je me suis décidée à aller consulter mon généraliste pour qu'il me prescrive des anti-inflammatoires. 

Mon généraliste m'a fait ce qu'on appelle un palm test et prescrit une radiographie assortie d'une échographie de l'épaule gauche, pour voir de quoi il retournait réellement. Le seul double rendez-vous disponible avant qu'il ne parte en congés plusieurs semaines tombait à deux jours de la date de remise de mon énorme trad (terminée, elle devrait faire dans les 1140 pages) et m'obligeait à me rendre dans une clinique de l'autre côté de la ville. Investissement: au moins trois heures du précieux temps qui me restait. Tant pis, je voulais en finir, recommencer à bouger normalement et à aller à l'aerial yoga - fût-ce sans retenter les planches latérales à l'avenir. 

Hier en fin d'après-midi, donc, j'ai vu un charmant radiologue qui m'a demandé de lui montrer dans quelles positions j'avais mal. Et là, grand moment de solitude. J'ai eu beau faire rouler mon épaule, tourner et plier mon bras dans tous les sens: rien. Nada. Nichts. Des nèfles. Même pas une petite gêne symbolique. Le gars a dû me prendre pour une illuminée qui aimait gaspiller son temps et l'argent de la sécurité sociale. Je me suis rhabillée en bredouillant des excuses incohérentes et j'ai filé avec mes radios où toute lésion brillait par son absence. Je me suis dit que bon, au moins, ce n'était pas une capsulite comme ma mère en a eu une, que j'échappais au combo intervention chirurgicale et immobilisation subséquente pendant un mois et demi, et que de toute façon, si le ridicule tuait, je serais déjà morte plus de fois que Kenny dans South Park. 

Après, je suis passée chez Sushi Shop m'acheter des makis pour fêter ça; je suis rentrée chez moi et une fois installée sur le canapé avec mon bidon plein de riz et un bon bouquin, je me suis rendu compte que j'avais de nouveau mal au bras. Surtout au coude, en fait.

Sérieusement, l'univers?

Bon, pour être honnête, la douleur est beaucoup moins forte que les semaines passées. Si je réfléchis bien, il me semble qu'elle a commencé à diminuer juste après la visite chez mon généraliste - sauf que comme j'étais hyper focalisée sur mon boulot, je n'y ai pas vraiment fait attention. Donc, je vais continuer à me ménager de ce côté jusqu'à ce que ça passe, point. Je serai Batman, un T-shirt mis à sécher au soleil ou même une banane pendant les cours d'aerial yoga, mais j'éviterai de me prendre pour les biscottos de Jean-Claude Van Damme jusqu'à nouvel ordre (et sans doute même après).

Février 2016



lundi 27 février 2017

Lectures de Février 2017




ROMAN
- A dictionary of mutual understanding (Jackie Copleton)
- Les poisons de Katharz (Audrey Alwett) ♥︎♥︎♥︎
- The Cazalet chronicles T5: All change (Elizabeth Jane Howard) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- A closed and common orbit (Becky Chambers) ♥︎♥︎
- Un parfum d'encre et de liberté (Sarah McCoy) - en cours
- Stiletto (Daniel O'Malley) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La vie en Rosalie (Nicolas Barreau) ♥︎♥︎
- L'étrange bibliothèque (Haruki Murakami/Kit Menschik) ♥︎♥︎♥︎
- All our wrong days (Elan Mastai) ♥︎
- Extraordinary means (Robyn Schneider) - en cours

BEDE/MANGA
- La cantine de minuit T1 (Yarô Abe) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le mari de mon frère T3 (Gengoroh Tagame) ♥︎♥︎♥︎
- La valeur de ma vie (Yoshimi Tôda) ♥︎
- Perfect world T3 (Rie Aruga) ♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T1&2 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Collaboration horizontale (Navie/Carole Maurel) ♥︎♥︎♥︎
- Ecumes (Ingrid Chabbert/Carole Maurel) ♥︎♥︎

DIVERS
- Les Liszt (Kyo Maclear/Julia Sarda) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎

dimanche 26 février 2017

C'était la semaine où... (#8)




...la photo de moi faisant l'andouille avec la statue du musée d'Ixelles est devenue mon Instagram le plus liké. Comme quoi, c'est pas la peine de se casser la tête à faire des images sublimes!
...j'ai voyagé à côté d'une jeune femme indienne qui allait rejoindre son mari en poste à Toulon; on a papoté à bâtons rompus pendant deux heures; je lui ai donné un Doliprane pour le très gros rhume qui la faisait renifler depuis Roissy et pour me remercier, elle m'a offert des pendants d'oreille. Mes perçages se sont refermés depuis des années, mais ça m'a touchée.
...je me réjouissais d'avance à l'idée de commander une pizza tartiflette en arrivant chez moi. Las, mon pizzaiolo était parti skier jusqu'à début mars, et j'ai dû me rabattre sur une bête soupe Picard.
...j'ai appris avec stupéfaction que non seulement mon primeur ouvrait à 6h30, mais que quand il levait son rideau, il y avait déjà la queue devant son magasin. Les gens qui font leurs courses en pleine nuit: qui sont-ils, comment vivent-ils, quels sont leurs réseaux?
...alors qu'on discutait du fait qu'on ne savait pas trop pour qui voter lors des prochaines présidentielles, mon adorable fleuriste m'a dit qu'elle aurait bien voulu que DSK se présente, "parce que même s'il n'était pas irréprochable dans sa vie privée, au moins, économiquement, il savait où il allait". Je, je.
...il y avait deux nouveaux propriétaires à l'assemblée générale annuelle, et du coup, comme ça ne les arrangeait pas de financer le ravalement de façade en 2017, on a encore repoussé d'un an. D'un côté, ça fait déjà une éternité ans que ça traîne, et ça commence à me gonfler. De l'autre, l'an prochain, j'aurai fini de rembourser mon crédit immobilier et la pilule passera nettement mieux.
...je me suis fait ramener de chez le syndic par ma voisine végane qui a arrêté de se teindre les cheveux ("parce que les colos sont pleines de produits chimiques") et à qui son gris naturel va super bien.
...des "groupes magiques" ont tenté d'exorciser de "lier" Donald Trump. Au point où on en est, hein.
...j'ai bouclé mon dossier de gestion 2016 plus vite et plus facilement que prévu, histoire d'en finir en beauté avec le régime des BNC.
...j'ai enfin commencé à dessiner dans mon Hobonichi: chaque jour, un des jolis mugs (j'en ai toute une collection) dans lesquels je bois mon thé. Pas trop difficile, très bien pour se lancer!
...je me suis aperçue qu'à certains horaires, mon bus habituel avait désormais un trajet alternatif assez intéressant.
...j'ai déjeuné en bouquinant à la terrasse des Têtes d'ail, avec juste une robe à manches longues fin février. Un pur moment de bien-être dont j'avais grand besoin au milieu de cette semaine si chargée.
...en guise de dessert, je me suis offert un chichi fregi. Oui, c'est mal, mais c'est si bon!
...la dame qui encaissait mes 85 photocopies chez Charlemagne m'a juré sur ses grands dieux qu'elle me donnait 38 ans tout au plus. Vu comment j'ai morflé ces dernières années au niveau physique, je n'ai pas craché sur le compliment.
...j'ai fait changer mes verres de près, et trouvé la différence immédiatement perceptible.
...j'ai croisé Satan dans le hall, et il m'a proposé de passer prendre l'apéro quand je voudrais. Ou un sirop, si je préférais.

jeudi 23 février 2017

La semaine de la mort qui tue



D'ici mercredi soir prochain, je dois:
- traduire 174 pages d'inepties et en relire 300
- constituer le dossier comptable annuel pour mon association de gestion agréée (soit réunir, remplir, photocopier  et envoyer 12 milliards de documents diverzévariés)
- assister à l'assemblée générale de ma copropriété - où nous sommes censés voter le ravalement de façade de l'immeuble, auquel s'oppose une bonne moitié des gens alors qu'il y en a vraiment besoin
- aller passer une radiographie et une échographie de mon épaule gauche dans une clinique à l'autre bout de Toulon
- retourner voir mon généraliste sans rendez-vous (compter 2 à 3h d'attente pour sa consultation libre, car il est très populaire)

Bizarrement, je me suis réveillée à 6 heures ce matin et je n'ai pas réussi à me rendormir. Je ne suis pas du tout stressée, pensez-vous. 

Mais bon, je sais qu'en m'organisant bien, en me levant un peu plus tôt et en buvant deux fois plus de thé que d'habitude, ça passera. Et qu'après, je vais me sentir hyper libre et soulagée. 

Au mois de mars, je fais un aller-retour à Paris en semaine pour le boulot; je pars quelques jours à Lisbonne avec Chouchou puis en Suisse pour fêter les 40 ans de Lady Pops. Et je commence à bosser sur le deuxième tome d'"Archer et Bennett" de Candice Fox, qui contiendra peut-être quelques scènes bien gore mais qui devrait être globalement agréable à traduire si je me réfère à mon travail sur le précédent*. Les jours seront déjà plus longs; j'aurai le temps et la motivation pour recommencer à sortir un peu. 

Tout ce qu'il faut, c'est serrer les dents une semaine encore malgré ma fatigue générale et mon bras douloureux. 

Je peux le faire. 

(Je crois.)




mercredi 22 février 2017

"Kimi no na wa" ("Your name")


Du réalisateur Makoto Shinkai, nous avions tous les deux adoré "The garden of words" et "Cinq centimètres par seconde". Aussi ne pouvions-nous que nous précipiter sur son nouveau long métrage, sorti au Japon en août dernier et qui a paraît-il battu les records d'affluence des anime du studio Ghibli. 

Mitsuha vit à la campagne. Sa mère est morte et son père a abandonné la prêtrise shinto pour devenir maire de leur petite ville, si bien que Mitsuha et sa soeur cadette sont élevées par leur grand-mère. La jeune fille ne rêve que d'une chose: s'en aller vivre à Tokyo. Voeu bizarrement exaucé lorsqu'un matin, elle se réveille dans la peau de Taki, qui vit seul avec son père et a une vie très occupée entre le lycée, ses nombreux amis et son boulot dans un restaurant italien où sa chef ne le laisse pas indifférent. 

Le lendemain, Mitsuha a réintégré son propre corps et sa propre vie, et Taki ne comprend pas quand on lui parle de son comportement étrange de la veille. Puis vient son tour de se réveiller dans la peau de la jeune fille. Quand ils se rendent compte qu'ils échangent ainsi leurs vies plusieurs fois par semaine, Mitsuha et Taki mettent au point des règles de comportement et un moyen de se tenir informés de ce que chacun a fait dans la peau de l'autre. Jusqu'au soir où une comète survole le Japon, et où l'histoire des deux jeunes gens prend un tour encore plus inattendu. 

Après une première moitié plutôt légère et amusante, "Kimi no na wa" bascule vers le drame fantastique. Son scénario original autant qu'émouvant nous a tenus en haleine jusqu'au bout. Mais surtout, le film est absolument somptueux sur le plan graphique. Les paysages et le traitement de la lumière m'ont coupé le souffle à maintes reprises. Comme a dit Chouchou, "les personnages pourraient ne rien faire d'autre qu'aller acheter le pain pendant 1h40 qu'on n'aurait pas perdu notre temps en le regardant". Si vous êtes fans d'anime, vous devez absolument le voir. Et si vous n'êtes pas fan d'anime, c'est le genre de film qui pourrait bien vous faire changer d'avis!